Le lac de Thac Ba fait partie de ces lieux que l’on découvre presque par hasard et que l’on n’oublie jamais. Situé dans la province de Yen Bai, au nord du Vietnam, il offre une parenthèse de calme loin des itinéraires touristiques classiques. Ici, l’eau s’étend à perte de vue, ponctuée de milliers d’îlots verdoyants, dans une atmosphère paisible et profondément authentique. Le regard se perd entre les collines immergées, les reflets changeants du ciel et les silhouettes discrètes des barques qui glissent lentement sur le lac.
Voyager à Thac Ba, c’est choisir un Vietnam plus discret, plus lent, où chaque instant invite à ralentir. Un Vietnam où le silence a encore une place, seulement troublé par le bruit de l’eau ou le chant lointain des oiseaux. Les paysages ne cherchent pas à impressionner par leur grandeur, mais à toucher par leur équilibre et leur douceur. Ici, le temps semble suspendu au fil de l’eau, et l’on redécouvre le plaisir simple d’observer, de respirer et de se laisser porter par le rythme naturel du lieu.
Thac Ba n’est pas une destination que l’on consomme rapidement. C’est un lac qui se vit, qui se contemple, et qui se révèle peu à peu. Plus on y passe de temps, plus on en perçoit les nuances : les lumières changeantes du matin, la quiétude des fins de journée, et cette sensation rare d’être loin du monde, tout en étant profondément connecté à l’essentiel.
Le lac de Thac Ba se situe à environ 180 kilomètres au nord-ouest de Hanoï, dans la province montagneuse de Yen Bai. Il est né dans les années 1970, à la suite de la construction du barrage hydroélectrique de Thac Ba sur la rivière Chay, un projet majeur destiné à fournir de l’énergie à une large partie du nord du Vietnam. La mise en eau a transformé en profondeur le paysage, engloutissant vallées, rizières et collines pour donner naissance à cette vaste étendue d’eau aux contours irréguliers.
Ce qui rend le lac de Thac Ba unique, c’est son apparence étonnamment naturelle. Avec plus de 1 300 îlots disséminés sur l’eau, il évoque un paysage ancien, presque sauvage, alors qu’il s’agit d’un lac artificiel. Les collines immergées, couvertes de végétation dense, dessinent des lignes douces et irrégulières, créant une impression de labyrinthe naturel dans lequel on se perd volontiers. Selon la lumière et les saisons, le lac change de visage, passant de teintes vert profond à des reflets argentés ou bleutés, parfois enveloppés de brume au petit matin.
Malgré son origine humaine, Thac Ba s’est parfaitement intégré à son environnement. Aucune construction massive ne vient rompre l’harmonie du décor, et la nature a peu à peu repris ses droits, recouvrant les îlots et les rives d’une végétation abondante. Cette fusion entre l’eau, la terre et la végétation donne au lac une atmosphère paisible et équilibrée, très différente de l’image que l’on se fait habituellement des grands ouvrages hydroélectriques.
Avec le temps, Thac Ba est devenu bien plus qu’une infrastructure énergétique. Il s’est transformé en un véritable paysage vivant, façonné par les saisons, les habitants et le rythme lent de la vie locale. Naviguer sur le lac, c’est observer cette coexistence réussie entre l’homme et la nature, où l’intervention humaine a fini par s’effacer au profit d’un équilibre fragile mais harmonieux.

Avant la création du lac, la région était composée de vallées, de rizières et de villages installés le long de la rivière Chay. La montée des eaux a profondément transformé le paysage, engloutissant certaines terres et obligeant les habitants à repenser leur mode de vie. Loin de disparaître, les communautés locales ont su s’adapter à cette nouvelle géographie, faisant du lac une ressource essentielle plutôt qu’une contrainte.
Aujourd’hui, la vie autour du lac est étroitement liée à l’eau. Les villages se sont réorganisés sur les rives et les collines, et les barques sont devenues indispensables au quotidien. Elles servent à se déplacer, à transporter les marchandises et à rejoindre les champs ou les zones de pêche. Le rythme de la journée suit celui du lac, des marées artificielles et des saisons.
Les ethnies Tay, Dao et Cao Lan vivent dans des villages répartis autour de Thac Ba. La pêche, l’agriculture et l’élevage continuent de structurer le quotidien, souvent pratiqués de manière traditionnelle. Les maisons sur pilotis, les filets séchant au soleil et les gestes répétés des pêcheurs racontent une relation intime et respectueuse avec l’environnement.
À Thac Ba, l’histoire ne se lit pas sur des monuments ou des sites officiels, mais dans les gestes du quotidien, les traditions préservées et les récits transmis de génération en génération. Ce sont ces histoires discrètes, partagées au fil des rencontres, qui donnent au lac toute sa profondeur humaine et émotionnelle.
Relativement isolé, le lac de Thac Ba a conservé une nature généreuse et équilibrée. Les collines boisées qui l’entourent, les forêts encore peu exploitées et les eaux calmes du lac abritent une biodiversité riche et discrète. Oiseaux, poissons et végétations aquatiques cohabitent dans un environnement préservé, où la présence humaine reste mesurée. La pêche y est majoritairement artisanale, pratiquée avec patience et connaissance du milieu, selon des méthodes transmises depuis des générations. Chaque geste est adapté aux saisons et au rythme du lac, dans une logique d’équilibre plutôt que de rendement.
Cette relation respectueuse à la nature se retrouve dans la façon dont le tourisme se développe autour du lac. Ici, pas de grandes infrastructures ni de tourisme de masse. Le développement est lent, progressif, porté principalement par des initiatives locales. Les habitants ouvrent leurs maisons, proposent des balades en bateau ou partagent leur quotidien avec les voyageurs, sans jamais chercher à transformer le lieu ni à en modifier l’âme. Le tourisme reste une activité complémentaire, pensée comme un échange plutôt qu’une exploitation.
Les hébergements sont simples et authentiques, souvent sous forme de homestays ou de petites maisons d’hôtes intégrées dans le paysage. Ils privilégient le confort essentiel et l’accueil chaleureux plutôt que le luxe. Les activités, elles aussi, s’inscrivent dans cette logique de douceur : navigation entre les îlots, visites de villages, randonnées tranquilles ou simples moments de repos face au lac. À Thac Ba, le voyage prend le temps de se vivre, dans le respect des lieux, des habitants et de ce rythme lent qui fait toute la singularité du lac.

Les meilleures périodes pour découvrir Thac Ba sont le printemps, de mars à mai, et l’automne, de septembre à novembre. Durant ces saisons, le climat est agréable, avec des températures modérées et un taux d’humidité raisonnable. Les paysages sont particulièrement beaux, baignés d’une lumière douce qui met en valeur les îlots, les collines et les reflets changeants du lac. Ces périodes sont idéales pour les balades en bateau, les visites de villages et les moments de contemplation, lorsque le lac est calme et que la nature semble parfaitement équilibrée.
L’été, de juin à août, est plus chaud et plus humide. Les averses peuvent être fréquentes, mais elles rendent la végétation extrêmement luxuriante et intensifient les couleurs du paysage. Le lac atteint alors son niveau maximal, recouvrant davantage les collines et donnant naissance à de nouveaux reflets et perspectives. L’atmosphère est plus vivante, parfois plus sauvage, et offre une autre lecture de Thac Ba, plus tropicale et plus intense. Cette période conviendra davantage aux voyageurs qui apprécient la chaleur et la nature foisonnante.
L’hiver, de décembre à février, est plus frais et parfois enveloppé de brume, surtout au petit matin. Cette saison transforme Thac Ba en un décor presque irréel, où les îlots semblent flotter sur l’eau et se fondre dans le ciel. Le calme est alors encore plus présent, les visites plus rares, et l’atmosphère mystérieuse et silencieuse séduit particulièrement les amateurs de photographie et de paysages mélancoliques. Chaque saison offre ainsi une expérience différente du lac, mais toujours empreinte de sérénité et de douceur, fidèle à l’esprit de Thac Ba.
Depuis Hanoï, on rejoint Yen Bai en bus ou en train, selon ses préférences et son budget. Le trajet dure en général entre quatre et cinq heures et constitue déjà une belle introduction au voyage. Peu à peu, le paysage urbain laisse place aux campagnes, aux rizières, aux collines verdoyantes et aux villages traditionnels. Le rythme ralentit, les constructions se font plus rares, et le Vietnam rural se dévoile progressivement, offrant un aperçu authentique du pays, loin des grandes villes et des axes touristiques.
Une fois arrivé à Yen Bai, il faut poursuivre le trajet en voiture ou à moto pour rejoindre les rives du lac de Thac Ba. Cette dernière partie du voyage traverse des routes sinueuses, bordées de forêts, de champs et de petits hameaux. Le lac apparaît peu à peu, presque timidement, avant de s’ouvrir sur une vaste étendue d’eau ponctuée d’îlots. L’arrivée marque une vraie rupture avec le quotidien et donne immédiatement le sentiment d’être ailleurs, dans un espace plus calme et plus ouvert.
Sur place, le bateau devient le moyen de transport privilégié et presque indispensable. Les balades en barque permettent d’explorer le lac en douceur, de naviguer entre les îlots verdoyants, de visiter des grottes cachées et d’atteindre des villages parfois accessibles uniquement par l’eau. Chaque trajet est une expérience en soi, rythmée par le clapotis de l’eau, les jeux de lumière sur le lac et les scènes de vie aperçues sur les rives.
Les déplacements sont volontairement lents, en parfaite harmonie avec l’esprit du lieu. Ici, on ne cherche pas à aller vite ni à optimiser son temps. On observe, on s’arrête quand un paysage attire le regard, on échange quelques mots avec les habitants. Voyager à Thac Ba, c’est accepter de ralentir, de laisser le lac imposer son propre rythme et de faire du trajet une partie intégrante de l’expérience, autant que la destination elle-même.

Parmi les sites à ne pas manquer autour du lac de Thac Ba figurent plusieurs grottes accessibles uniquement en bateau, comme la grotte de Thuy Tien ou celle de Xuan Long. L’approche se fait lentement, en longeant les îlots, avant d’accoster sur des rives discrètes, souvent dissimulées par la végétation. À l’intérieur, l’atmosphère change complètement. On quitte la lumière douce et ouverte du lac pour entrer dans un univers minéral, frais et silencieux, où le temps semble suspendu. Les formations rocheuses, stalactites et parois irrégulières sculptent des décors presque irréels, éclairés par des rais de lumière naturelle ou de faibles lampes. La visite de ces grottes offre un contraste saisissant avec la sérénité des paysages extérieurs et ajoute une dimension plus intime et mystérieuse à la découverte du lac.
Les villages ethniques qui bordent Thac Ba sont également incontournables pour comprendre l’âme de la région. Habités principalement par les ethnies Tay, Dao et Cao Lan, ces villages semblent vivre hors du temps. Les maisons sur pilotis s’élèvent au-dessus de l’eau ou des berges, construites en bois et parfaitement intégrées au paysage. Les scènes de vie quotidienne se déroulent simplement, sans artifice ni mise en scène. On observe les pêcheurs réparer leurs filets au bord de l’eau, les femmes s’occuper des cultures, les enfants jouer près du lac, pendant que les anciens discutent à l’ombre des maisons.
L’accueil des habitants est sincère et chaleureux, souvent marqué par une curiosité bienveillante. Les échanges sont parfois limités par la langue, mais les sourires, les gestes et les attentions suffisent à créer un lien. Partager un thé, assister à un repas familial ou simplement marcher dans le village permet de saisir une réalité locale encore préservée, où la relation à l’eau et à la nature structure le quotidien.
Enfin, l’une des plus belles expériences à Thac Ba consiste simplement à naviguer entre les îlots, sans itinéraire fixe ni objectif précis. Se laisser porter par le bateau, suivre les courbes naturelles du lac et s’aventurer dans des passages étroits entre deux collines immergées permet de ressentir pleinement l’esprit du lieu. Les jeux de lumière sur l’eau, les reflets des arbres, le silence seulement rompu par le moteur ou le clapotis de la barque invitent à la contemplation.
Ces moments sans programme, faits de lenteur, de silence et d’observation, sont souvent les plus marquants. À Thac Ba, ce n’est pas l’accumulation de visites qui compte, mais la qualité de l’instant. Et ce sont justement ces instants simples, presque invisibles, qui restent le plus longtemps dans la mémoire des voyageurs.
Thac Ba se prête parfaitement à un séjour axé sur la nature, la lenteur et la simplicité. Ici, les activités ne sont jamais imposées, elles s’intègrent naturellement au rythme du lieu. Les balades en bateau permettent de découvrir le lac à son propre tempo, de s’aventurer entre les îlots, de longer les rives boisées et d’observer la vie qui s’organise autour de l’eau. Chaque sortie devient un moment d’observation et de contemplation, où le paysage change subtilement selon l’heure de la journée et la lumière.
Les randonnées autour des collines offrent quant à elles de beaux points de vue sur le lac et ses innombrables îlots. Les sentiers, souvent peu fréquentés, traversent des zones boisées, des cultures et de petits hameaux. En chemin, on croise parfois des habitants allant aux champs ou ramenant du bois, toujours prompts à saluer le voyageur. Ces marches, accessibles et paisibles, permettent de prendre de la hauteur et de mieux comprendre la géographie si particulière du site.
La pêche occupe une place centrale dans la vie locale et peut devenir un moment privilégié lorsqu’elle est partagée avec les habitants. Observer ou participer à ces moments du quotidien offre une autre lecture du lac, plus intime et plus humaine. Les gestes répétés, la patience et le respect du milieu illustrent la relation profonde qui unit les communautés locales à leur environnement. À Thac Ba, l’observation de la vie quotidienne, des scènes ordinaires et des rythmes ancestraux devient une expérience à part entière, souvent plus marquante qu’une activité organisée.
Ici, chaque activité invite naturellement à la déconnexion. Le rythme est calme, sans contrainte ni pression, et laisse une large place à l’improvisation et à la contemplation. On prend le temps de s’arrêter, de discuter avec un habitant, de s’asseoir face au lac ou simplement de regarder le paysage évoluer au fil de la journée. Thac Ba ne propose pas une liste d’activités à cocher, mais un cadre propice à l’apaisement, au ralentissement et au retour à l’essentiel.
Dormir chez l’habitant est vivement recommandé pour vivre pleinement cette expérience. Les homestays, souvent situés au bord de l’eau ou au cœur des villages, offrent une immersion authentique dans la vie locale. Les repas sont faits maison, préparés à partir de produits simples, frais et souvent issus des cultures ou de la pêche du jour. Les soirées sont paisibles, parfois illuminées par quelques lampes ou un feu discret, et ponctuées d’échanges simples et sincères. Autour d’un repas partagé, d’un thé chaud ou de conversations silencieuses, ces moments créent des souvenirs durables et donnent tout son sens à un séjour à Thac Ba.

La cuisine de Thac Ba est simple, locale et savoureuse, à l’image du mode de vie autour du lac. Elle repose avant tout sur des produits issus de l’environnement immédiat, pêchés, cultivés ou récoltés par les habitants eux-mêmes. Les poissons pêchés dans les eaux calmes du lac occupent une place centrale dans les repas. Ils sont préparés de différentes façons, grillés au feu de bois, frits jusqu’à devenir croustillants ou cuisinés en soupe légère, souvent parfumée d’herbes locales. Chaque préparation met en valeur la fraîcheur du produit et respecte son goût naturel.
Ces plats sont généralement accompagnés de riz, base incontournable de l’alimentation, ainsi que de légumes frais cultivés dans les jardins familiaux ou les champs alentours. Choux, herbes sauvages, pousses de bambou ou feuilles aromatiques viennent compléter les repas, apportant des textures et des saveurs variées. Les assaisonnements restent simples, mais précis, permettant aux ingrédients de s’exprimer sans être masqués.
Les recettes sont transmises de génération en génération et varient selon les ethnies présentes autour du lac. Les Tay, Dao et Cao Lan apportent chacune leurs influences, leurs techniques et leurs habitudes culinaires. Certaines préparations sont liées aux saisons, aux fêtes ou aux moments importants de la vie communautaire. Cette diversité donne naissance à une cuisine à la fois modeste et riche de sens, profondément ancrée dans le quotidien et la tradition.
Partager un repas chez l’habitant est l’un des moments les plus marquants du séjour à Thac Ba. Les repas se prennent souvent autour d’une table basse ou assis sur des nattes, dans une atmosphère détendue et conviviale. Les plats sont disposés au centre, encouragent le partage, et chacun se sert à son rythme. Les échanges se font naturellement, entre sourires, gestes simples et discussions parfois accompagnées de rires.
Au-delà de la nourriture, ces repas sont un véritable moment de rencontre. Ils permettent de découvrir un mode de vie, une façon de recevoir et une hospitalité sincère, sans artifice. Ces instants, simples en apparence, créent des souvenirs durables et laissent souvent une impression bien plus forte que n’importe quelle visite ou activité, donnant à Thac Ba une dimension humaine et chaleureuse que l’on n’oublie pas.
Pour apprécier pleinement le lac de Thac Ba, il est vivement conseillé de rester au moins une nuit sur place, voire plusieurs si le temps le permet. Passer la nuit au bord du lac change complètement l’expérience. Lorsque les visiteurs d’un jour repartent, le calme s’installe peu à peu et Thac Ba révèle une autre facette de son atmosphère. Les levers et couchers de soleil deviennent alors de véritables moments privilégiés, lorsque la lumière douce enveloppe les îlots et que le lac retrouve un silence presque absolu.
À l’aube, les brumes légères flottent à la surface de l’eau, estompant les contours des collines et donnant au paysage une dimension presque irréelle. Les premiers bruits de la journée, une barque qui s’éloigne, un oiseau au-dessus de l’eau, viennent rompre délicatement le silence. En fin de journée, le lac se pare de teintes dorées ou rosées, et les reflets sur l’eau créent des scènes d’une grande douceur. Ces instants, simples et éphémères, comptent parmi les souvenirs les plus marquants d’un séjour à Thac Ba.
Il est recommandé de prévoir des vêtements confortables, adaptés aux balades en bateau, aux moments de repos et aux petites randonnées autour du lac. Un anti-moustique est également utile, surtout en fin de journée, lorsque l’humidité augmente. Mais au-delà des aspects pratiques, l’essentiel reste d’arriver avec du temps et un esprit ouvert. Thac Ba ne se découvre pas à la hâte ni à travers un programme trop chargé ou trop structuré.
Accepter cette lenteur fait partie intégrante de l’expérience. En ralentissant, on perçoit davantage les détails : les variations de lumière sur l’eau, les gestes répétés des habitants, les sons discrets de la nature. Les rencontres se font plus naturelles, les instants plus intenses. Thac Ba se révèle alors dans toute sa subtilité, offrant un voyage intérieur autant qu’un déplacement géographique, et laissant une impression durable de calme et de simplicité retrouvée.

Thac Ba ne cherche pas à impressionner par des paysages spectaculaires ou des expériences tape-à-l’œil. Il séduit au contraire par sa douceur, son authenticité et l’équilibre naturel qui s’en dégage. Ici, rien n’est excessif ni mis en scène. Le silence a une vraie présence, presque palpable, la nature impose son propre rythme, et les rencontres humaines se font simplement, sans artifice ni attente particulière. Chaque instant passé au bord du lac invite naturellement au calme, à la contemplation et à une forme de retour à l’essentiel, loin de toute agitation inutile.
Au fil des heures, on apprend à regarder autrement. Les paysages ne s’imposent pas d’un seul coup d’œil, ils se dévoilent progressivement, au rythme des balades en bateau, des moments de pause et des changements de lumière. Le lac ne se contemple pas seulement, il se vit. Les sons discrets de l’eau, les mouvements lents des barques, les gestes quotidiens des habitants participent à une atmosphère apaisante, presque hors du temps. Cette simplicité apparente cache une grande richesse, faite de détails, de sensations et de moments silencieux.
On quitte Thac Ba avec le sentiment d’avoir découvert un Vietnam discret, loin du bruit, de la foule et des clichés habituels. Un Vietnam plus intime, où les paysages se vivent autant qu’ils se regardent, et où le temps semble s’écouler différemment, sans urgence ni contrainte. Le souvenir du lac s’inscrit alors doucement dans la mémoire, non pas comme une image spectaculaire, mais comme une sensation durable de calme et d’équilibre.
Thac Ba est un endroit que l’on n’oublie pas facilement. Non pas pour ce qu’il montre, mais pour ce qu’il fait ressentir. Un lieu simple et sincère, où l’eau, la terre et les hommes coexistent en harmonie. On en repart souvent avec l’envie de conserver un peu de cette sérénité, de cette lenteur et de cette douceur bien après le retour, comme un écho silencieux qui accompagne encore longtemps le voyageur.